10 février 2014 - 20:30
Du "devoir" d’"abandonner le Hezbollah et des missiles" … !

Depuis le 11 février 1979, cette année charnière dans l’histoire du vieil Iran où un régime monarchique inféodé a ployé sous le poids écrasant d ’une masse anti impérialiste en colère , il y a un verbe auquel tous les iraniens sont allergiques :

Agence de Nouvelles d'Ahlul Bait (ABNA) : « devoir » . Substantifié, ce verbe ne provoque aucune susceptibilité chez l’Iranien lambda dans la mesure où ce dernier,  de part son éducation,, sa culture, sa civilisation qui remonte à plusieurs millénaire , sait ce qu’il a à faire, ce qu’il n’a pas à faire . Mais dès que ce mot tourne en « ordre », en « diktat », et qu’il surgit  dans  le discours de ceux qui se croient maitres du monde , l’Iranien perd son sang froid et réagit … Il y a 35 ans jour pour jour , le peuple d’Iran  s’est révolté  contre son « Chah « , puisque ce dernier confondait toujours le sens du devoir et la servitude, et qu’l se pliait devant les diktats des Etrangers, et que pire de tout,  le devoir pour lui face à ses suzerains étrangers  se conjuguait  toujours à la première personne sans jamais s’accompagner de «  droits » que tout devoir comporte naturellement en son sein .

Après la chute du Shah,  entre  1979 à 2013 , les iranien ont tout fait pour tenter de faire comprendre  à la puissance US qu’avec l’Iran, il faut se comporter autrement ; que des ordres , des poignes sur  la table , des  recommandations insensés, de l’outrecuidance et des crises d’autoritarisme  ne marcheraient pas . C’est par la force de cette résistance à toute épreuve de la nation iranienne, imperméable aux guerre,  aux sanctions,  et à toute autre manifestation de l’hostilité, que l’Amérique s’est mise en novembre dernier à la table du dialogue et qu’un accord reconnaissant les droits nucléaires iraniens a été signé,  suivant « une logique donnant- donnant , gagnant -gagnant ». A l’époque , l’Iran a cru s’être fait bien comprendre de son interlocuteur mais à mesure que le temps passe ,  il sent s’être  trompé.

Depuis quatre mois , les officiels US cumulent  les contradictions dans leur discours , revenant sans cesse sur  leurs promesses faites à Genève. Tantôt ils renient le droit iranien à l’enrichissement,  tantôt ils parlent  du démantèlement des sites nucléaires iraniens,  tantôt  ils allongent la liste des sanctions !   Sur cette fameuse table où gisent  désormais « toutes les options US » contre l’Iran ou ce qu’il en reste,  deux nouveaux outils  se sont montrés très récemment du bout du nez et que    quitte à pousser la RI à remettre tout en cause et à quitter à jamais la table des négociations :

l’abandon par l’Iran du Hezbollah et  l’abandon par l’Iran de sa puissance balistique ! Jay Carney, porte parole d’Obama et Bernadette Mihan, sa conseillère pour la sécurité ont évoqué d’ailleurs cette double exigences qui selon eux «  figurerait dans le plan d’action commune » et dans «  les résolutions onusiennes précédemment  votées contre l’Iran » … tout en mettant l’accent sur le « devoir » iranien en ce sens,  les intéressés ont  menacé l’Iran du maintien de sanctions s’ils continuaient à tester ses missiles ou à soutenir les «  terroristes du Hezbollah » .

… Côté iranien , la réponse n’a pas tardé : à la veille du 11 février , l’Iran a testé deux missiles balistiques très performants  et ce mardi, des millions d’Iraniens ont défilé dans les rues des villes et villages  du pays en signe de solidarité avec «  le régime » tel qu’il est,  à savoir « ouvert au dialogue »  mais  « souverainiste », « allié de la Syrie et du Hezbollah, ne les lâchant jamais … » …. Les journalistes étrangers ont eu aussi  le droit  à entendre largement  des  « A bas l’Amérique » , des « A bas Israël « , assorti d’un discours présidentiel  « inhabituellement anti américain » …

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